29.06.2007
les enfants ont le droit de mourir
Je suis en train de lire un livre extraordinaire, écrit en 1915: "Comment aimer un enfant" de Janusz Korczak. Evidement, toute une série de conseils sont vieillots, mais même pour notre temps, ce livre est en avance, tant la conception du respect de l'enfant qu'il véhicule est extraordinaire. A travers ce livre, on découvre plus un homme extraordinairement bon qu'une pédagogie toute faite.
Ce qui m'a le plus frappé, c'est quand il dit "les enfants ont le droit de mourir, tous les arbrissaux ne devenant pas des arbres". Lorsque j'ai lu cette phrase, j'étais fâchée: je ne veux pas que mon bébé meurt, aucune maman ne veut cela, et je ne crois pas que les enfants eux-mêmes aient envie de mourir, ou alors c'est grave et il faut s'en occuper! Mais là n'était pas le propos de M Korczak.
Si l'enfant à le droit de mourir, il a alors le droit de vivre au présent et de ne pas n'être qu'un adulte en devenir. Il a le droit de ne pas souffrir sous prétexte que, quand il sera grand, il remerciera pour son éducation. Il a le droit à êre pris au sérieux maintenant et tout de suite, de ne pas attendre d'être adulte pour être considéré par la société.
Nous sommes dans un monde où l'enfant doit mettre toute son énergie à devenir. Quel ennui de n'être qu'une quantité négligeable, et négligée en dehors des résultats scolaires qui prennent dans les familles une proportion incroyable. Bien entendu, l'enfant a droit à l'instruction. Mais l'adulte aussi y a droit, l'adulte aussi est sans arrêt en devenir, lui aussi. Quand je pense à ce que beaucoup d'entre nous avons subi lors de nos bien longues années de scolarité, je me dis que nous avons perdu 18 ans de notre vie. Pour beaucoup d'entre nous, le temps d'apprendre à vivre, il était déjà trop tard.
11:33 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : enfant, mourir, Korczak, présent, vivre, école, bonheur




Commentaires
... les enfants ont le droit de mourir. Parce que pour accepter d'être mère, pour prendre ce risque, il faut aussi accepter la possibilité de perdre un enfant.
Prendre le risque d'être enceinte, c'est prendre le risque d'une fausse-couche.
Prendre le risque d'être mère, tout comme prendre le risque d'aimer, c'est accepter le risque de perdre ceux que l'on aime.
Ecrit par : Agnès | 03.07.2007
C'est tout à fait vrai, même si c'est plus facile à penser qu'à mettre en application: qui d'entre nous, mamans, ne va pas vérifier de temps en temps si bébé respire, si tout va bien dans son sommeil, au risque de le réveiller?
Ecrit par : elbereth | 03.07.2007
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